10 choses à savoir sur le septième continent

10 choses à savoir sur le septième continent

Une nouvelle destination de rêves à visiter, avec sac à dos en coton recyclé, baskets fabriquées en France et appareil photo reconditionné ? Cela serait trop beau. Le septième continent est un amas de plastique qui s’est formé avec nos déchets dans l’océan.

On l’appelle « septième contient », « vortex de plastique » ou « continent de plastique ». Le septième continent, découvert dans les années 90, est un gigantesque amas de déchets plastiques, qui se trouve dans l’océan Pacifique. Il menace la faune et la flore marines mais également toute la biodiversité de la planète. Nous, humains, y compris, bien sûr. Et si nous ne faisons rien pour arrêter cette hémorragie de déchets plastiques, en 2050 l’océan pourrait bien compter plus de plastique que de poissons. Où se trouve le septième continent ? De quoi est-il constitué ? Quelles menaces fait-il peser sur l’environnement ? Peut-on le détruire ? Voici 10 choses à savoir sur le septième continent.

1. Mille huit cent milliards de déchets plastiques

Déchets plastiques dans l'océan
© The Ocean Cleanup

Le septième continent est un amas de mille huit cent milliards de déchets plastiques (au moins) qui se trouve dans l’océan Pacifique. On parle également de « vortex de plastique » ou de « continent de plastique ».

Ce continent de plastique a été découvert en 1997 par un océanographe et skipper américain, Charles J. Moore. Il s’étend sur plus d’un million six cent mille kilomètres carrés – trois fois la taille de la France métropolitaine. Et sur dix mètres de profondeur dans l’océan.

Notre consommation de plastique ne diminue pas. Elle augmente, même. Nous produisons, dans le monde, plus de trois cent cinquante millions de tonnes de déchets plastiques chaque année. Et, si nous (gouvernements, industriels, particuliers) ne changeons pas nos habitudes, nous devrions en produire plus d’un milliard de tonnes d’ici à 2060, d’après les estimations du Programme des Nations unies pour l’environnement. En 2050 l’océan pourrait bien compter plus de plastique que de poissons.

2. Le septième continent se situe dans l’océan Pacifique

5 amas de plastique dans l'océan
© The Ocean Cleanup

Il existe plusieurs amas de plastique, dans l’océan Pacifique Nord, dans l’océan Pacifique Sud, dans l’océan Atlantique Nord, dans l’océan Atlantique Sud et dans l’océan Indien. Le plus grand d’entre eux est le « septième continent ».

Le septième continent se situe dans l’océan Pacifique Nord, entre la Californie et Hawaï.

Les gyres océaniques, d’importants tourbillons d’eau créés par plusieurs courants marins, entraînent les déchets plastiques qui forment des amas. Et les plastiques ne sont pas détruits dans l’eau. Ils sont réduits, sous l’effet des rayons du soleil et des courants de l’océan, en toutes petites particules.

3. Le plastique qui se trouve dans l’océan se dégrade mais ne disparaît pas

Études du plastique présent dans les océans © The Ocean Cleanup
© The Ocean Cleanup

Qu’arrive-t-il aux déchets plastique du septième continent ? Les déchets plastiques du septième continent se décomposent mais ne disparaissent pas.

Les rayons ultra violets du soleil et les courants, notamment, dégradent le plastique qui se trouve dans les océans. Les morceaux de plastique sont ainsi de plus en plus petits. Le mégaplastique devient nanoplastique.

On trouve, dans les océans, des débris de plastique de différentes dimensions : les mégaplastiques (plus de 50 centimètres) ; les macroplastiques (entre 5 et 50 centimètres) ; les mésoplastiques (entre 0,5 et 5 centimètres) ; les microplastiques (entre 1 et 5 millimètres) ; et les nanoplastiques (entre 1 nanomètre et 1 micromètre).

Les scientifiques s’accordent à dire que les nanoplastiques sont issus de la décomposition de plastiques plus grands. Mais les nanoplastiques sont étudiés depuis peu. Et ils sont difficiles à étudier, car, souvent, ils s’agrègent à d’autres particules, ce qui les rend différents les uns des autres.

4. L’amas de plastique du septième continent provient en majorité de la terre

Pollution d'une pale au Honduras
© The Ocean Cleanup

D’où vient le plastique du septième continent ? Ils proviennent, à 80 %, de la terre. 20 % proviennent de la mer, donc des déchets répandus dans les océans depuis les bateaux.

De quoi est composé le septième continent ? Le septième continent est composé de déchets plastiques : sacs, bouteilles, filets de pêche, emballages, vêtements, produits d’hygiène, produits de beauté…

Des scientifiques de The Ocean Cleanup Project ont, en 2019, collecté un échantillon de 6 000 déchets (hors déchets issus de la pêche), de plus de cinq centimètres, dans l’océan avant de les analyser. Ils ont repéré des textes et logos sur les déchets retrouvés et ont ainsi pu identifier 232 des morceaux de plastiques retrouvés. Les déchets identifiés provenaient, en majorité, de six pays : le Japon, la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, Taïwan et le Canada.

5. Le septième continent a un lourd impact sur la faune et la flore

Faune et flore subissent le continent de plastique
© The Ocean Cleanup – photo de Matthew Chauvin

Le septième continent a un lourd impact sur toute la faune et la flore des océans. Les mammifères marins, poissons, crustacés, oiseaux, tortues, et également les coraux, herbiers marins et mangroves sont menacés.

Des tortues s’étouffent avec des sacs plastique, des oiseaux ont le ventre plein de plastique… Une vidéo de l’ONU montrait, en 2017, 234 morceaux de plastique retrouvés dans le corps d’un oiseau en Australie. Les animaux qui mangent des débris de plastique risquent de s’étouffer ou bien de s’empoisonner (le plastique est fabriqué à partir de pétrole et de produits chimiques). Les habitats des espèces marines sont détériorés. Les phytoplanctons absorbent du dioxyde de carbone et rejettent de l’oxygène ; ils constituent aussi l’alimentation de nombreuses autres espèces marines. Les phytoplanctons absorbent des nanoplastiques qui altèrent leur croissance, leur fertilité et également leur reproduction.

Les plus petits animaux mangent les nanoplastiques avant d’être mangés par des plus grands prédateurs… Le plastique ne disparaît pas des proies et est ainsi ingéré également par chaque animal de la chaîne alimentaire. Et, tout au bout de la chaîne, le plastique est ingéré par nous, les humains.

6. Le septième continent est invisible depuis les satellites

Depuis le bateau de Plastic Odyssey
© Plastic Odyssey

C’est un fait surprenant, car le septième continent est très étendu, mais il est impossible de voir le vortex de plastique depuis les satellites ni même depuis un avion.

Pourquoi ? Parce que les plastiques se décomposent en très petites particules qui ne sont donc pas visibles de loin mais forment une sorte de brume de plastique. C’est donc depuis des bateaux que l’on peut voir le septième continent.

7. Dans le septième continent prolifèrent des espèces invasives

Laboratoire de recherches sur la pollution plastique
© The Ocean Cleanup

Le septième continent est non seulement néfaste pour tous les organismes vivants marins (risques d’étouffement, empoisonnement, dégradation de l’habitat…), pour tous les organismes vivants de la planète (dégradation du phytoplancton qui absorbe du dioxyde de carbone et rejette de l’oxygène), mais il favorise également la prolifération d’espèces invasives.

Des algues ou mollusques s’adaptent à ce milieu pollué et prolifèrent de manière très (trop) importante. Ce qui risque de causer un déséquilibre dans l’écosystème marin.

8. Est-il possible de supprimer le septième continent ?

Collecte de déchets par The Ocean Cleanup
© The Ocean Cleanup

Peut-on détruire le vortex de plastique ? Si aucun pays ne s’attache à nettoyer le vortex de plastique, plusieurs associations récupèrent le plastique qui se trouve dans les océans. Le nettoyage du septième continent représente un coût financier très élevé.

La collecte des déchets dans les fleuves (qui se jettent dans les océans), moins onéreuse que la collecte des déchets dans l’océan, permet de réduire le continent de plastique.

9. Plusieurs associations ont pour mission de nettoyer l’océan

System 03 qui nettoie l'océan
© The Ocean Cleanup

L’association The Ocean Cleanup veut détruire le septième continent et nettoie l’océan. Pour cela, l’association a mis au point le System 03, une barrière flottante longue de 2 kilomètres et équipée d’un filet, qui est tendue entre deux bateaux et récolte les déchets plastiques. 99,9 % des prises du filet sont des déchets plastiques. 0,1 % sont des poissons. The Ocean Cleanup collecte également les déchets plastiques qui se trouvent dans les fleuves avec des structures équipées de barrières flottantes. Les équipements de l’association permettent de collecter les plastiques de différentes dimensions, du mégaplastique au microplastique. Le plastique récolé est apporté dans des centres de recyclage.

D’autres associations œuvrent à nettoyer les océans, informer, rechercher des solutions pérennes visant à détruire le septième continent et nettoyer les océans de leurs déchets plastiques. Comme The Ocean Cleanup Project, Surfrider Foundation, The SeaCleaners, Plastic Odyssey, Wings of the Ocean ou encore l’association Expédition 7e Continent.

10. Des petits gestes pour aider à protéger les océans et limiter le septième continent

Bouteilles en plastique ramassées sur la plage
Illustration générée par IA.

Pouvons-nous faire quelque chose, à notre échelle, pour aider à protéger les océans et réduire (ou ne pas agrandir) le septième continent ? Oui.

Voici quelques petits et grands gestes utiles pour aider à lutter contre le septième continent :

  • nous pouvons soutenir les associations qui protégèrent les océans et les nettoient (les dons aux associations peuvent donner lieu à exonération d’impôt) ;
  • ramasser les déchets plastiques lorsque l’on en trouve sur la plage et les jeter à la poubelle (73 % des déchets que l’on rencontre sur les plages sont des déchets plastiques) ;
  • organiser ou participer à une grande collecte de déchets sur les pages avec Les Initiatives Océanes de Surfrider Foundation Europe ;
  • faire de même partout en ville, près de chez nous, en balade à la campagne, à la montagne…
  • ne pas/plus acheter d’objets en plastique et les remplacer par des objets écoconçus, dans des matériaux naturels, du verre, du bois…
  • partir en voyage écovolontaire, par exemple, pour nettoyer de plages au Costa Rica ou collecter les déchets plastiques des fonds marins en Croatie ;
  • s’engager et devenir bénévole pour une association de protection des océans ;
  • travailler pour une association de protection des océans.

Sources : L’info durable, Greenly, Expédition 7e Continent, Le Figaro, National Geographic, Le Monde, National Geograhic.

📷 à la une : © The Ocean Cleanup

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