8 gestes à effectuer au printemps au jardin bio

8 gestes à effectuer au printemps au jardin bio

Au printemps au jardin bio, il est temps de nettoyer, de préparer le sol à accueillir semis et plantations, de nourrir le sol, semer. Mais également de laisser pousser, d’apprendre et d’observer son jardin…

Dès les premiers jours de soleil printanier, on a très envie de retourner au jardin – parfois un peu délaissé en hiver – pour semer, planter, cultiver, observer et se laisser émerveiller par la nature encore. Quels gestes effectuer au jardin bio au printemps ? Oubliez les habitudes de jardinage de vos grands-parents (enfin, conservez-les juste en souvenirs d’enfance) et passez au jardinage du XXIe siècle : écoresponsable, au plus près de la nature, enrichissant et sans se casser le dos (à bécher notamment). Au printemps au jardin bio, on nettoie, enrichit, sème et plante. Et aussi on accueille la biodiversité afin que le jardin (les plantes et les petits animaux sauvages) soit résilient et (presque) indépendant. Voici 8 gestes à effectuer au printemps au jardin bio.

1. Nettoyer le jardin

Nettoyer le jardin bio au printemps
© Kapa65 – Pixabay

Non, le jardin n’est pas « sale ». Mais, en hiver, nous sommes moins souvent dans le jardin qu’à la belle saison (rapport à la pluie et au froid, j’imagine). Les feuilles de nombreux végétaux sont tombées (et se sont en partie transformées en humus qui a enrichi le sol), des branches ont pu se casser (et servir d’abri à des petits animaux sauvages du jardin). Mildiou et autre oïdium se sont peut-être installés dans les pots. Il est donc utile de « nettoyer » le jardin avant les semis de printemps.

Nettoyez les parcelles que vous souhaitez cultiver. Il n’est pas nécessaire, au jardin bio, de transformer l’extérieur en surface monochrome immaculée façon terrain de golf. C’est même le contraire qu’il convient de faire. Laissez des parties du jardin « sauvages », que vous ne nettoyez pas et dans lesquelles vous laissez ou disposez des feuilles mortes et branches cassées. Les petits animaux sauvages du jardin seront ravis de les trouver comme abri, lieu de production et/ou source de nourriture.

Attendez la fin de la période de gel dans votre région. Sur les parcelles ou emplacements que vous souhaitez cultiver, retirez les feuilles mortes (ou râteau ou à la main). Déposez-les dans le compost ou ailleurs dans le jardin. Supprimez les adventices le cas échéant sur ces parcelles à cultiver. Ou bien identifiez-les et elles seront peut-être de bonnes compagnes pour vos cultures – vous pourrez donc les laisser sur place. Pour supprimez les adventices, préférez un désherbage à la main ou avec une petite pioche, sans produit chimique. Si votre parcelle à cultiver est grande, désherbez-la petit à petit.

Retirez les voiles d’hivernage de vos plantes protégées pendant l’hiver ; et sortez les plantes que vous avez hivernées (après les gelées).

Nettoyez vos outils de jardinage (eux, ils peuvent être sales) car ils vous seront utiles au printemps. Affûtez ou faites affûter vos sécateurs et autres couteaux de jardinage. Nettoyez les lames et les accessoires avec de l’alcool à 70°C. Ils doivent être désinfectés afin de ne pas propager d’éventuelles maladies entre les végétaux.

2. Aérer le sol

Aérer le sol au jardin bio
Illustration générée par IA.

Aérez votre sol avant les semis. En hiver, avec les fortes pluies, les piétinements, la terre s’est compactée sur le dessus. Aérer le sol facilite l’enracinement donc la pousse des végétaux et permet une bonne pénétration de l’eau, des nutriments (de votre compost et vos engrais naturels).

Utilisez une grelinette plutôt qu’une bêche, pour aérer le sol sans tout retourner. Retourner la terre à la bêche risque de couper des vers de terre (très précieux dans le sol). Et retourner des grosses mottes de terre chamboule la vie du sol en ramenant en haut les organismes qui préfèrent vivre plus bas et inversement.

En outre, bêcher peut causer des douleurs dorsales. Utiliser une grelinette est bien plus doux pour nos muscles. (Désolée les grands-parents, nous, on ne bêche plus.)

Terminez éventuellement avec le passage d’un râteau, délicatement, pour niveler le sol avant de semer et planter.

3. Nourrir le sol

Nourrir son jardin bio avec du compost
Illustration générée par IA.

NPK. Les nutriments dont le sol a besoin sont l’azote, le phosphore et le potassium (symboles chimiques N, P et K).

Au printemps au jardin bio, apportez de la nourriture au sol, avant d’accueillir les semis et plantations. Un sol bien nourri ce sont des organismes vivants en bonne santé, actifs et donc des végétaux qui poussent bien et se défendent contre les maladies et parasitent.

Quelle nourriture pour le sol au jardin écologique ? Du compost mûr ou du fumier décomposé (un fumier pas assez décomposé contient trop d’azote, qui peut brûler les racines des plantes) – des engrais naturels et (souvent) gratuits. Si vous avez un composteur chez vous, utilisez votre compost maison. Les mairies et des associations peuvent proposer du compost gratuit. Vous pouvez récupérer du fumier auprès des fermes pédagogiques ou des agriculteurs proches de chez vous. On en trouve également en vente dans les jardineries (lisez bien le paquet, votre fumier doit être naturel et compatible avec l’agriculture biologique).

Comment nourrir le sol avec les engrais ou le fumier ? Étalez une couche d’engrais ou de fumier sur le sol. Lorsqu’il pleuvra (ou que vous arroserez), les nutriments contenus dans les engrais naturels descendront dans le sol pour l’enrichir. Laissez le fumier se décomposer encore deux semaines avant de griffer le sol et de semer ou planter.

Il est également temps de couper et utiliser les engrais verts (phacélie, seigle, avoine, trèfle, luzerne…) comme paillage si vous en avez cultivé dans votre jardin bio.

4. Semer et planter

Planter des bulbes au printemps au jardin bio
© coco – AdobeStock

Le moment que les jardinières et jardiniers attendent avec impatience tout l’hiver. Au printemps au jardin bio on sème, bien sûr. Choisissez des semences bio, reproductibles et libres de droit pour votre jardin écoresponsable. Les graines donneront ainsi des végétaux bio et vous pourrez récolter les graines afin de refaire vos semis l’année suivante.

Semez et plantez au jardin bio au printemps :

  • semez les radis, carottes, épinards, pois, laitues… ;
  • plantez les pommes de terre, bulbes qui fleuriront en été ou en automne (agapanthes, bégonias, dahlias, glaïeuls, pivoines…) ;
  • repiquez en pleine terre vos semis de février (sous abri) à partir de mai : tomates, courgettes, aubergines, poivrons.

Afin de créer un jardin de biodiversité – écologique – multipliez les variétés et espèces végétales.

Et, pour que vos végétaux prennent soin les uns des autres, pensez aux associations de plantes. Certaines plantes attirent des insectes, d’autres ont répulsives, d’autres encore enrichissent le sol. Les plantes bien associées se rendent service.

Quelques exemples de « bonnes associations » au jardin :

  1. épinard et fraisier (l’épinard apporte de l’ombre aux fraisier) ;
  2. fraisier et œillet d’Inde (l’œillet d’Inde éloigne certains insectes et attire les pucerons) ;
  3. tomates et œillet d’Inde (l’œillet d’Inde éloigne certains insectes et attire les pucerons) ;
  4. tomate et basilic (le basilic éloigne certains insectes) ;
  5. tomate et souci (le souci éloigne les nématodes et attire les pollinisateurs) ;
  6. persil et tomate (le persil éloigne l’aleurode) ;
  7. courge et capucine (la capucine éloigne certains insectes et attire les pollinisateurs) ;
  8. courgette et capucine (la capucine éloigne certains insectes et attire les pollinisateurs) ;
  9. ipomée et tomate (la tomate pousse autour de l’ipomée qui lui sert donc de tuteur – et qui donne de magnifiques fleurs violettes) ;
  10. courge, haricot et maïs (le maïs sert de tuteur au haricot, le haricot apporte de l’azote dans le sol, la courge sert de couvre-sol, haricot et maïs protègent la courge du soleil).

5. Laisser la pelouse pousser

Laisser pousser l'herbe et les fleurs au jardin bio
© Wolfilser – AdobeStock

Voici un geste à ne pas faire au printemps au jardin bio : tondre. Ne tondez pas votre pelouse. Car l’herbe protège le sol (et les organismes qui y vivent) du gèle, du soleil, conserve l’humidité. Et les fleurs qui y poussent de manière spontanée (pissenlit, trèfles…) attirent les pollinisateurs comme les abeilles, par exemple.

Si vous avez besoin d’allées afin de circuler dans votre jardin, pratiquez la tonte différenciée. Tondez juste les allées, par exemple. Ou tondez un rectangle de pelouse devant la maison pour jouer, faire du yoga, vous allonger avec un bon livre… Laissez le reste de votre pelouse pousser. Et observez la biodiversité qui l’anime.

6. Arroser avec parcimonie

Arroser avec parcimonie le jardin bio
© PublicDomainPictures – Pixabay

Lorsque vous avez planté ou semé, arrosez généreusement. Puis arrosez vos semis et plantations avec parcimonie et de manière régulière.

Cela habitue les plantes à vivre avec peu d’eau. Et les aidera à ne pas trop souffrir des fortes chaleurs lors des canicules estivales. Vos végétaux seront ainsi plus résilients face au réchauffement climatique. Et les générations suivantes également (lorsque vous aurez récolté et semé vos graines).

Arrosez au pied des plantes, pas sur les feuilles. Et plutôt le matin tôt ou le soir tard.

Utilisez de l’eau récup pour vos arrosages : eau de pluie récoltée dans des récupérateurs d’eau, eau récupérée dans des bassins à la maison (en attendant que l’eau se réchauffe, eau de lavage des fruits et légumes)…

7. Apprendre !

Apprendre en lisant des livres de jardinage bio

Même si nous jardinons depuis plusieurs décennies, nous ne sommes pas à l’abri d’apprendre quelque chose sur le jardinage ou la nature, bien sûr. Et apprendre c’est remettre en question des habitudes pour en tester de nouvelles (meilleures), améliorer ses techniques de jardinage, échanger et aussi tout simplement se cultiver.

Pour apprendre, sur un peu tous les sujets, j’ai l’habitude de me tourner en premier lieu vers les livres. Donc, pour enrichir mes connaissances sur le jardin, je lis des livres sur… le jardin. Voici une petite sélection…

Mon potager perpétuel de Terence Groos

L’auteur, Terence Groos, a fait, pendant un an, le tour du monde dans le but d’apprendre des techniques agricoles locales. Techniques qu’il a ensuite appliquées dans sa ferme du Limousin. Il les partage sur son compte Instagram @le_domaine_des_simples et dans ce livre.

Terence Groos nous explique, dans son livre Mon potager perpétuel, ce que sont les plantes perpétuelles, où en trouver et comment les planter (au printemps). 90 plantes perpétuelles sont décrites : infos, culture et soins, entretien, compagnes, le saviez-vous, mot de Terrence, utilisations en cuisine. Et les plantes perpétuelles sont très intéressantes au jardin bio : elles repoussent d’une année à l’autre, sont parfaites en mélange avec des annuelles, pour multiplier essences végétales (et favoriser la biodiversité) et elles sont également résistantes (important au regard du changement climatique).

Quelques exemples de plantes perpétuelles : poireau perpétuel (qui commence à être connu), ciboulette, ail des ours, claytone de Sybérie, livèche, monarde, oca du Pérou, cassissier, nombril de Vénus…

Le livre est agréable à lire, clair, on y trouve de nombreux végétaux à découvrir.

Livre Mon potager perpétuelMon potager perpétuel de Terence Groos, éditions Solar, paru le 6 mars 2025, 216 pages, 19,90 €. En vente à la Fnac.

Le nouveau Guide Clause de Agnès Guillaumin, Rosenn Le Page et Sylvie Ligny

Une encyclopédie de référence du jardinage, bien connue, sort sa trente-neuvième édition en 2025, à jour des techniques de jardinage actuelles qui prennent en compte le réchauffement climatique. Conception du jardin, bons gestes, fiches de plus de neuf cents plantes, calendrier du jardin… Le guide est complet, clair

Cette édition 2025 du guide nous explique comment nous inspirer de la nature pour jardiner, mêler ornement et jardin nourricier, faire face au climat et au changement climatique, préserver la biodiversité, créer un plan d’eau, quelles fleurs semer pour attirer les pollinisateurs, comment inviter les animaux sauvages, créer des haies, verdir ses terrasses et balcons, se lancer ans la permaculture, créer un jardin-forêt, propose des plans de rotation des cultures et de petit jardin…

La partie encyclopédie des plantes apporte, pour chacun des neuf cents plantes décrites : photo, infos, culture, sol, situation, entretien, récolte et conservation, utilisations, sélection de variétés…

Le guide est riche, complet, concret et tient compte des impératifs liés au réchauffement climatique et propose de jardiner de manière écologique.

Livre Le nouveau guide clauseLe nouveau Guide Clause, Agnès Guillaumin, Rosenn Le Page et Sylvie Ligny, éditions Solar, paru le 13 mars 2025, 728 pages, 32,90 €. En vente à la Fnac.

Les Plantes biofaitrices de Christophe Jarry

Les plantes alliées du jardinier remplacent avantageusement les produits chimiques (nocifs). C’est tout le concept de « plantes biofaitrices » (mot-valise formé des mots « bio » et « bienfaitrice »).

Les plantes biofaitrices sont protectrices de la biodiversité, informatrices, répulsives ou pièges, pollinisatrices, nectarifères, refuges ou encore indicatrices.

Le livre de Christophe Jarry nous explique le concept de plantes biofaitrices et comment les adopter dans son jardin (bio). On apprend ces informations sur la biodiversité et les menaces qui pèsent sur elle, comment les plantes biofaitrices viennent au secours de la biodiversité, le rôle des plantes biofaitrices (gîtes, pollinisatrices, répulsives, phytoremédiation…), les bonnes associations de plantes potagères et biofaitrices, comment créer son jardin avec des plantes biofaitrices.

Un livre intéressant, riche, actuel.

Livre Les Plantes biofaitricesLes Plantes biofaitrices de Christophe Jarry, éditions Eyrolles, paru le 27 février 2025, 140 pages, 14,90 €. En vente à la Fnac.

Le poireau préfère les fraises de Hans Wagner

Certaines plantes s’aiment, d’autres ne s’aiment pas, certaines mêmes se nuisent les unes aux autres. Et d’autres encore ne s’aiment pas elles-mêmes (le rosier et la carotte, par exemple, ne poussent pas là où d’autres rosiers et carottes ont poussé avant elles).

Le principe des « cultures associées » consiste à faire pousser côte à côte des plantes qui s’aiment les unes les autres et à éviter donc de faire se côtoyer de trop près des plantes qui ne s’aiment pas. Associer des plantes qui s’apprécient permet de réduire le nombre de ravageurs au jardin, d’enrichir le sol (pas besoin de bécher…) et embellit le jardin.

L’auteur, Hans Wagner, nous explique dans ce livre les principes de la création d’un jardin de cultures associées et détaille 50 légumes et aromatiques (infos, culture, associations favorables, associations défavorables).

Par exemple : le concombre s’associe avec le basilic, l’aneth et l’épinard mais pas avec le radis ; le fraisier s’associe avec l’ail et l’épinard ; la tomate s’associe avec le haricot et le persil mais pas le fraisier.

Ce petit livre est didactique, pratique, utile.

Livre Le poireau préfère les fraisesLe poireau préfère les fraises de Hans Wagner, éditions terre vivante, paru le 23 janvier 2025, 112 pages, 15€. En vente sur terre vivante et à la Fnac.

8. Observer

Observer le jardin bio au printemps
© Alexas_Fotos – Pixabay

Enfin, observez votre jardin ! Appelez cela du « slow jardinage », de la méditation face à la nature, du néo-romantisme, des bains de plantes… Comme vous voulez.

Observez votre jardin et prenez le temps de regarder les végétaux pousser, fleurir, produire des fruits, observez les petits animaux (oiseaux, insectes et, si vous avez de la chance, hérissons, chauves-souris…) qui s’y installent. Jardiner et profiter d’un petit bain de nature est bon pour le moral, permet de ralentir, d’enseigner (et d’apprendre) aux enfants la manière dont la nature évolue.

Et vous n’êtes pas à l’abri de découvrir des surprises dans votre jardin ! Une petite famille de hérisson qui s’installe, un nid d’oiseaux dans un arbre, des libellules près du petit bassin, des orchidées sauvages au milieu de vos cultures…

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